L’intérêt
pour le péage urbain a son origine dans les difficultés
que rencontre les politiques de régulation de la mobilité
urbaine, face aux trois exigences contradictoires du financement
du transport, de la lutte contre la congestion, et de la protection
du cadre de vie urbain.
Comment ça marche, quels sont les enjeux ? Ci-joint
une version
courte (deux pages) dans une note que j’ai commise
en 1999 à l’occasion d’un débat
à Lyon, ou une version
plus longue (Foire Aux Questions, sept pages) et plus
aride, produite en 2002 pour un groupe de travail du Commissariat
Général du Plan.
Les économistes parlent du péage depuis la fin
du 19ème siècle avec, comme précurseur,
l’ingénieur économiste français
Jules Dupuit. Mais c’est à l’étranger
que les expériences concrètes de péage
urbain ont démarré.
L’exemple le plus proche du contexte français
par la manière de traiter le problème du financement
est, à mon sens, celui des péages norvégiens.
Nous y sommes allés voir en 2002 avec des collègues
du CERTU, de la DREIF et de l’IAURIF : ci-joint le rapport
des visites (39 p.) et une présentation
résumée (12 diapos).
On parle aussi beaucoup du péage de Londres, ouvert
en mars 2003, dont j’ai fait une présentation
résumée (8 diapos) avec les premiers résultats
un mois après l’ouverture. Pour avoir des résultats
plus récents il faut aller sur le site de présentation
du « Congestion
Charging Scheme » par Transport For London, où
sont mis en ligne régulièrement les rapports
de suivi (rubrique « Monitoring »). Voir aussi
le site où est présenté
le péage aux usagers et notamment la proposition
d’extension.
Et qu’est-ce que cela donnerait sur Lyon ? Nous avions
imaginé déjà en 1992 un scénario
d’introduction progressive du péage urbain dans
l’agglomération lyonnaise avec une estimation
des recettes et des effets sur les déplacements, à
l’aide du modèle QuinQuin. Les résultats
ont fait l’objet d’une communication
à la conférence mondiale de 1992. Nous avons
ensuite testés d’autres scénarios avec
des estimations plus fines à l’aide du modèle
stratégique de déplacements de l’agglomération
lyonnaise, résultats publiés dans un article
de la revue Recherche-Transports-Sécurité en
2002.
Nous avons aussi exploré en profondeur ce que pourraient
être les réactions comportementales à
des scénarios de péage urbain. En profondeur
cela veut dire une enquête lourde (l’une des premières
enquêtes du type « réponses déclarées
» réalisées au LET), c’est-à-dire
un (tout) petit échantillon (N~15). Les résultats
ont été publiés en 1995 (avec Odile Andan
et Bruno Faivre d’Arcier) dans un « Etude et Recherches
» (probablement épuisé), mais un résumé
est paru dans article de la revue Transports (Le péage
urbain : une incitation au changement de mode de transport
? n° 372, pp.246-257, juillet-août 1995). Il y a
aussi un chapitre d’un livre publié en 1998 chez
Pergamon/Elsevier (The simulation of behaviour in a non-experienced
future : the case of road-pricing. Cf. liste des publications).
Nous avons également participé au projet EUROTOLL
financé par la Commission Européenne, en tant
que responsables de plusieurs workpackages. Le projet s’est
achevé en 1999 (voir un résumé).
Plus généralement, pour avoir des informations
sur les recherches sur le péage urbain financées
par la Commission Européenne voir le site
de Transport Pricing.
Bien évidemment la mise en place éventuelle
d’un péage urbain se heurte à des difficultés
d’acceptabilité
sociale.
Et puis sur la question du financement des
transports urbains, voici un point
de vue suite à l'arrêt du subventionnement
de l'Etat pour les transports publics de province.
L’expérience de Londres avec
son
Congestion Charging Scheme est sujette à controverses.
J’ai répondu à une évaluation très
critique de Rémi Prud’homme et Juan Pablo Bocajero
dans un court papier
paru dans Transport Policy. |